Le temps d'inhaler ma dernière taffe, je balance ma clope sur les rails. Je jette un coup d'œil à ma montre: 8:11, le train arrive. Tous le monde s'avance vers le bord du quai. Je suis le troupeau. Les portes s'ouvrent, je rentre, il y a du monde, je reste debout. Les retardataires arrivent en courant, le train repart...
je m'accroche à la bar en fer devant moi. L'ambiance est morte, froide. Les seuls personnes qui parlent tiennent des conversations sur le travail, la santé, la famille... je tourne la tête, j'observe les visages, personne ne réagit. Celui-ci lis son journal, celui-la fait des mots croisés, et l'enfant là bas pleure... 8:16, première arrêt, personne ne descend. De nouveaux voyageurs veulent trouver une place. Je recule un peu. On est serré. Les odeurs se mélangent; parfum à la vanille, déodorant, transpiration, café... Le train repart. Aucun regard ne se croise, chacun sa bulle. J'entends une voix hurler de l'autre côté: "s'il vous plaît, je vous demande de m'aider, j'aurais besoin de trois euros... je n'ai vraiment rien et il faut bien que je vive; désolé pour ceux que je dérange, je ne vous demande que quelques pièces m'sieur dames..." le type passe dans les rangs, certains lui donnent de l'argent. 8:24, deuxième arrêt. Des places se libèrent, je m'assoie. Je suis côté fenêtre. Le train repart. le paysage défile. Des zones industriels, des maisons, des rues désertes, de l'herbe, des murs taggés... je me fais chier. 8:33, terminus. Les gens se lèvent, on fais la queue pour sortir. Dehors, un clodo fais la manche, je suis arrivé "Gare du Nord".
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