Il y a des lieux ont je ne me suis jamais permis d’aller. Des lieux où la tristesse et la mélancolie mènent vers des chemins de traverse, des endroits où les errances de la vie semblent donner corps à une certaine ivresse, où elles se mélangent, et où s’abandonne l’abîme des sentiments en perte d’excellence. Il y a des jours où mon coeur divague dans des chemins de non-retour. Des moments où, chaque porte se refermant l’une après l’autre, je me plais à croire que rien ici ne me permet de regarder plus loin, de m’élever plus haut. Aucun but légitime ne m’entraîne. Aucun rêves fut-il d’écrin ou de soie ne me permet de m’évader. Plus rien n’a d’importance.
C’est dans ces moments là que je retrouve généralement ce que j’aime le plus dans la beauté: sa force. C’est ici que renaissent les vagues sensations qui m’ont pousser à sortir du ventre de ma mère pour voir ce qui se passait dehors. C’est en repartant de là que j’ai découvert les délices, les rêves et les plaisirs qui m’ont fait trouver ce monde beau. Mais arrivé au fond, quand je le touchais, c’est plus que cela que je découvrais: j’y retrouvais plus que ce que les couchers de soleils, les plus belles femmes et les extases les plus sensationnelles m’avaient apportés auparavant: je repénétrais un monde où chacun n’avait plus sa place, un monde où la vie, dénuée de ses bienvenues trappes qui à chacun donnent de l’espoir, retrouvait sa dure réalité: Ni le Je, qui est un autre, ni mes proches n’y mon travail bien sûr n’y pouvait rien: si j’étais parvenu jusqu’ici ce n’était pas grâce aux chimères qui chaque jour hantaient mon esprit. Car si la cosmologie m’avait appris que ce qui faisait de moi un homme faisait des étoiles un astres et du temps un ressort cyclique, elle ne m’avait apporté aucune certitude. C’est en découvrant le pouvoir de l ’écriture que je compris que les mots seraient finalement le seul adversaire qui me permettrait de combattre avec dignité la contingence de mon existence.
Alors si j’en suis ici à vous expliquer que rien n’a de sens et que chacun doit en réchapper, ce n’est pas pour me lamenter ou pour donner vie à quelques tendances suicidaires. C’est pour vous expliquer la dimension qui doit être donner aux mots sous toute leur couture et pour donner l’envie à ceux qui comme moi croit peu en la vérité que ceux-ci sont un vecteur formidable de sens. Avant le langage il y a l’animal. Après il y a l’homme. Le langage met les processus de pensée sur le même plan que les processus perceptifs: ils leur confère une réalité et permettent le souvenir (S. Freud). Avant les mots il n’y avait rien. Maintenant, il y a vous.
Avec Mighty Micro People, d'Amon Tobin
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Sanséléléleramdam tchikibam for a ham gona have like a sunset machine gun