Mise au point
5h00 du matin; tout le monde dort sauf l’écrivain en herbe et sa face décrépite devant l’écran de l’ordinateur. Cette lueur blapharde l’accompagnait comme dans une transe.
Et lui se sentait vivre.Une profonde nostalgie des sourires croisés tout au long de la soirée l’imprégnait avec une irrésistible force et il s’en servait comme d’un moteur, pour lacher les chevaux à plein régime. C’est que même devant l’écran il ne pouvait finalement pas oublier ces visages, sur lesquels il pouvait lire bien plus que tous les mots du monde. C’est ce qu’il voyait dans les yeux des autres, cette humanité profonde, qu’il traquait par delà les mots et qui le poussait à écrire, encore, bien plus qu’un goût prononcé pour l’imaginaire. Le rêve qu’il poursuivait n’était pas irréel, il le palpait tout les jours. Il en captait parfois d’exquises essences dans la complicité d’une parole ou d’un regard, et il voulait finalement retranscrire ces instants magiques sur papier.
Alors s’il n’appréciait pas tous ce qu’il écrivait, c’est que finalement son objectif était assez précis, qu’il le cotoyait au quotidien et aspirait à ce que la lecture de ses textes fasse que la personne humaine, cette flamme unique, soit représenté dans ce que l’écrivain en herbe appréciait le plus chez elle: la chaleur de son intimité.
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