La lampe éclaire la pièce de sa lumière blafarde. La vie est noire et blanche. Un vieux vinyle joue un air de jazz typiquement polar des années cinquante. La caméra se décale. La musique se fait sensuelle. Les râles aussi. Elle quitte la lampe et lèche les murs par la gauche, révélant un poster de Franck Sinatra. Puis, elle s’arrête enfin sur le lit. Elle filme tendrement cette valse de draps et de corps. En observant bien l’écran, on remarque que le pardessus de l’homme est impeccablement plié sur une chaise. La grande classe façon George Clooney dans Ocean’s Eleven. Posé contre, un parapluie trempé. On imagine déjà la scène du retour, où, bloqué contre lui, elle se laissait emporté à lui offrir ses lèvres sous un réverbère, ne laissant que leur ombre filtrer sous la pluie alors drue. On ne voit rien d’eux, mais aux mouvements de la caméra, à leurs exaltations de plaisir, à cette suave mélodie jazz sortie du tourne-disque dont on voit l’ombre à gauche de l’écran, on les devines très beaux, sensuels et classieux jusque dans leur manière de faire l’amour. C’est ça, George et Marilyne enfin réunis à l ‘écran pour la plus belle scène du cinéma. Le grain sur la pellicule se fait de plus en plus présent et la scène s’arrête nette, nous empêchant d’admirer la beauté des acteurs que nous n’avons pu hélas que deviner. Les sons résonnent encore dans ma tête, cette pellicule est magique. Mon trésor à tout jamais.
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